Raphael Gualazzi au Monte Carlo Jazz Festival

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19 Septembre 2013
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"Je suis amoureux de la musique, répond le chanteur/pianiste (également producteur et arrangeur) lorsqu'on l'interroge sur son style qui mélange jazz, soul, pop, classique et chanson italienne. Je n'ai pas envie de renoncer à tout ce que j'aime, à tout ce qui me plaît depuis mes débuts. Ce nouvel album est un mélange et j'ai l'impression d'être la somme de toutes mes passions."

"Happy Mistake" ne surprendra donc pas ceux qui ont découvert le musicien transalpin ces dernières années. Ces nouvelles compositions s'inscrivent dans la continuité de celles qui ont créé le buzz à la parution de "Reality And Fantasy" (vendu à plus de cent mille exemplaires dans le monde). Le penchant naturel de Raphael Gualazzi pour l'éclectisme et les mélodies se retrouve dans ces airs qu'on retient aussitôt.

Dans ce disque, tout est encore plus abouti. Au fil des concerts et des tournées, l'écriture de Raphael Gualazzi s'est affinée. Il est particulièrement difficile de dire quelle chanson de "Happy Mistake" on préfère. A l'heure où la musique manque singulièrement de substance, le jeune trentenaire écrit sans effort apparent des chansons imparables, avec, pour ancrage, son jeu de piano entraînant et sa voix légèrement éraillée.

Si "Happy Mistake" marque les esprits par sa spontanéité, c'est peut-être parce qu'il a été élaboré de manière souvent impromptue. Lors de répétitions ou durant les balances, le musicien essayait une idée, une phrase, quelques notes sur son piano, avant de coucher la musique sur le papier, plus tard, au calme.

Pendant l'enregistrement de l'album, Raphael Gualazzi a partagé le micro avec la chanteuse Camille sur "L'Amie d'un italien", orchestrée façon cabaret par le grand arrangeur Vince Mendoza. Ailleurs sur le disque, des cuivres soutiennent des rythmiques toujours très présentes, en clin d'œil à sa passion pour le swing et le groove. La trompette de Fabrizio Bosso s'invite sur plusieurs plages parmi lesquelles "Un Mare In Luce" et "Mambo Soul", aux sonorités d'Amérique latine. Raphael Gualazzi en parle comme "d'une musique boostée par un piano, colorée par des cuivres et des percussions, faite pour danser." Dans l'album, le pianiste célèbre également l'opéra de Verdi, en revisitant un extrait de "Rigoletto", le fameux Aria "Questa O Quella Per Me Pari Non Sono".

Mais quel est le trait d'union entre ces instantanés musicaux ? La fraîcheur et l'enthousiasme de Raphael Gualazzi qui donnent du caractère à des joyaux tels que l'irrésistible "Don't Call My Name", la fiévreuse "I'm Tired", la sophistiquée "Baby What's Strong" et la groovy "Seventy Days Of Love". Le chanteur y ajoute sa griffe : ce timbre soul, en anglais comme en italien. "C'est souvent le tempo qui a dicté mon choix, ajoute-t-il. Je pense que je pourrais interpréter ces titres dans une autre langue, sans que cela nuise à leur musicalité."

Le tourbillon de ces vingt-quatre derniers mois n'a pas fait perdre le sens des réalités à Raphael Gualazzi. Chacune de ses récentes expériences a été mise à profit pour apprendre. Au festival de San Remo, une institution en Italie, il a remporté quatre prix en 2011 parmi lesquels ceux de la presse télévisée, de la révélation de l'année ainsi que le prix des critiques Mia Martini. Il y retournera en 2013 avec deux chansons extraites de "Happy Mistake". A l'Eurovision en 2011, où il a représenté son pays et terminé deuxième, Raphael Gualazzi a saisi l'occasion de cette grand-messe médiatique pour faire entendre une musique différente. "J'ai donné des interviews dans lesquelles j'ai évoqué mes influences, Otis Spann, Muddy Waters et Art Tatum. Peut-être cela va-t-il donner envie à certains d'aller les découvrir sur YouTube."

Originaire d'Urbino, Raphael Gualazzi a grandi dans un cadre particulièrement riche. "C'est un endroit chargé d'histoire, dit-il à propos de son lieu de naissance, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, la patrie de grands créateurs comme le peintre Raphael. C'est une source d'inspiration. On y est un peu loin du monde, mais même si dorénavant je vis à Londres, j'adore y retourner." C'est là que, dès l'âge de neuf ans, il a appris le piano. Puis il est entré au Conservatoire de Pesaro et a étudié les compositeurs classiques pendant huit ans. En 1995, il a découvert le jazz grâce à un ami de son père (lui-même batteur dans un groupe pop), ce qui lui a ouvert un nouveau champ d'investigations. Il s'est plongé dans le ragtime et le stride des années 1900, et a commencé à explorer la musique de Scott Joplin, Jelly Roll Morton, Fats Waller, Art Tatum et Mary Lou Williams. Il poursuivra avec Duke Ellington, Django Reinhardt, Ray Charles. Happé par sa passion pour les claviers, il reviendra plus tard au chant qu'il a pratiqué enfant dans une chorale : "J'adore le jazz ancien, c'était une musique populaire sur laquelle on dansait. Aujourd'hui, c'est devenu un art très souvent intellectuel. Ma sensibilité me pousse à revenir à cette forme d'expression plus communicative."

Au début des années 2000, Raphael Gualazzi s'est produit dans différents festivals. En 2005, Il a enregistré un premier album, "Love Outside The Window". Deux ans plus tard, il a participé à la compilation "Piano Jazz", aux côtés de Jamie Cullum et Diana Krall. Il y reprenait "Georgia On My Mind". Il a ensuite été invité dans le Vermont et le New Hampshire pour participer au projet "The History & Mystery Of Jazz" avec Michael Ray et Steve Ferraris, des jazzmen américains. En 2009, Caterina Caselli du label Sugar Music lui a fait signer son premier contrat. Puis il s'est produit au Blue Note de Milan et s'est mis à écrire de nouveaux titres. Le déclic est survenu lorsque Gilles Peterson a remixé "Reality And Fantasy" qui est entré dans les charts du monde entier. Quelques mois plus tard, l'album du même nom est sorti et le grand public est tombé sous le charme de Raphael Gualazzi. Il est tombé amoureux de sa manière de faire de la musique : sans ordinateur, mais avec de vraies mélodies jouées par de vrais gens.

Avec "Happy Mistake", le très talentueux Raphael Gualazzi compte bien écrire un nouveau chapitre de son livre. Soyez prêt à le lire.

 

 

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