"La danse est une façon de vivre, la danse est le rythme de la vie." disait Samuel Lewis. Et c'est exactement ca que j'ai cherche a trouver dans l'interview avec la danseuse et choreographe de danse classique et contemporain, Eugenie Andrin. Une femme qui semble fragile par sa finesse emotionelle mais plein de pouvoir parles capacites de son metier. Une force plein de feminite qui nous captive et qui remonte en nous des sensations fortes de ce que le destin d'un reve peut etre. Eugenie Andrin a prouve une force comme danseuse classique et aussi en tant que choregraphe ou elle a cree de nombreux ballets d'opera parmi lesquels on peut compter La Flûte Enchantée à l'Opéra de Monte-Carlo (2008), La Traviata à l'Opéra de Santiago du Chili (2009 et 2015), Monte-Carlo, à l'Opéra-Théâtre de Saint-Etienne, au Teatro Carlo Felice de Gênes (2013), à l'Opéra de Lausanne (2015), Manon à l'Opéra de Rome (2010), L'Homme de la Mancha (2010) et Carmen (2018) au Capitole de Toulouse, La Boîte à Joujoux (2012) avec l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dirigé par Kent Nagano, Duello Amoroso de Haendel à l'Opéra de Monte-Carlo et à l'Opéra de Bordeaux (2014), Guillaume Tell à l'Opéra de Monte-Carlo (2015), Les Pêcheurs de Perles (2015) au Korea National Opera Seoul, La Gioconda (2016) à l ‘Opéra de Santiago du Chili, La Chauve-Souris (2016) à l'Opéra de Marseille, Tannhäuser et Adriana Lecouvreur (2017) à l'Opéra de Monte-Carlo, Aïda (2017) à l'Opéra de Shanghai, Samson et Dalila (2018) à l'Opéra de Monte-Carlo.
Vous pouvez lire ses histoires pleins d'emotions dans le futur livre ecrit par Andra Oprea, Untold Stories from Monaco.
Quelle est votre histoire, cette histoire d'amour pour cet art qui est en vous, la danse ?
J'ai commence très très jeune, a l'âge de trois ans. Ma mère m'a mis à des cours de danse qu'elle prenait elle et le professeur de danse voyait que j'étais extrêmement captivée par tout ce que se passait. Donc, le professeur a dit que ca serait bien de m'emmener au cours de danse et depuis ce jour j'ai jamais arrêté.
Vous avez commencé avec quel type de danse ?
La danse classique ! Au début c'est l'approche, c'est le rythme, c'est la musicalité. J'ai commence avec des exercices ludiques qui prépare la technique classique. Le professeur m'a pousse et j'ai fait d'avantages de cours et, ensuite, j'ai intégré une excellente école qui est a Cannes, Rosella Hightower. On faisait l'école le matin avec la partie étude et tout l'après midi, il y avait les entrainements. Y compris le samedi et le dimanche quand on préparait le spectacle de fin d'année. Des fois, on finissait à dix heures le soir. C'était un rythme extrêmement intense. On avait minimum trois-quatre heures de danse tous les jours. Pour les enfants de onze, douze ans, ce n'était pas facile. C'est comme un sport de performance. Mais j'adorais ! Je n'avais l'impression de travailler parce qu'on était tous ensemble !
Ca se passait comment, en fait, les cours, les entrainements ?
Tout commençait a huit heures du matin au studio, parfois il faisait froid et nous étions la avec nos chignons bien tirés. On était nombreux avec des professeurs « à l'ancienne » avec une forte rigueur.
Il y a des différences entre les techniques anciennes et celles d'aujourd'hui ?
Il y a un fossé entre générations ! Moi, j'étais entre deux : les professeurs à l'ancienne qui pouvaient nous envoyer une chaise ou nous taper et ceux d'aujourd'hui. Verbalement, ils disaient des choses qui aujourd'hui me reviennent en mémoire et je dois dire que, pour un enfant, c'est dur.
Qu'est ce que vous a marqué de plus ?
J'ai entendu un professeur qui disait « arrête de me regarder comme ca avec tes yeux de veau pas frais ». Ils s'arrachaient des cheveux, nous disaient des gros mots. Pour un enfant de onze ans, ils sont vraiment des critiques dures. Ils disaient : « allez faire vos auditions, vous êtes nulles. Allez-y si vous croyez que vous êtes doués !" Je pense qu'il avait une sorte de frustration au niveau des professeurs qui resurgissait sur les élèves ! Pour les classes plus âgées, ca nous démolissait, nous démontait moralement. Il y en a beaucoup qui ont été choquées. On a fait une réunion des anciens de cette école de Cannes et certaines jeunes filles ont arrêté. Elles ont mis de temps a se reconstruire parce que c'est un rêve qui se déchire. C'est une façon plus ou moins abrupte de changer ses rêves. En vieillissant, il y a des choses qui me reviennent à mémoire, et je pense que c'est inacceptable.
Ca se passait quand ?
Quand j'avais quinze - seize ans, 1995 - 1996. Apres 1998, il y a une autre génération de professeurs et tout a changé complètement. Il y a d'avantage de pédagogie, peut être même trop, parce qu'on peut plus toucher les élèves, alors dans la danse, il faut toucher pour sentir les choses. Maintenant, c'est inverse. Il faut que l'élève apprenne par lui-même. C'est l'élève qui doit le suggérer. On doit lui faire comprendre qu'il doit penser d'une certaine manière. Dans la danse classique, il y a des choses ou il y a la pure technique. Dans le contemporain, il y a plus de sensations, de ressenti. Il faut avoir conscience de son corps.
Les émotions transgressent dans la danse plus que la raison ...
Bien sur, mais pour pouvoir transmettre cette émotion, il faut maitriser la technique, surtout dans la danse classique. C'est difficile aujourd'hui de faire apprendre un jeune danseur de danse classique de garder le plaisir de la danse. La danse est le synonyme de souffrance. Aujourd'hui c'est un masochisme, il transforme un être.
On vit maintenant dans une société de confort ...
Tout à fait ! Aujourd'hui on est plus à l'écoute de bien être de la personne, de l'élève.
Les techniques sont différentes ?
Dans la danse classique, non, parce que c'est écrit depuis l'époque Louis XIV. C'est une technique figé : on s'est comment il faut faire pour que ce soit bien. Mais il y a de l'évolution dans la performance. On lève les jambes beaucoup plus haut, on fait beaucoup plus de pirouettes, c'est la course a la performance. Mais les règles, la codification dans la danse classique restent la même. C'est pour ca que moi, en tant que chorégraphe, je m'ennuie un peu dans ce vocabulaire parce qu'il est déja écrit et il laisse peu de place a l'imaginaire. Donc, j'ai cherché une gestuelle plus contemporaine qui va m'ouvrir plus de portes pour trouver l'émotion. Dans la danse classique, la palette des émotions est très restreinte.
Dans les grands ballets classiques, il y a un prince, une princesse, une thème, finalement ils sont jaloux ...
C'est la même ligne !
Voila !
Vous pensez que la danse classique continuera à vivre dans le futur ?
Comme dans un musée, il y aura toujours quelqu'un qui, quand il sait bien danser, il reste magnifique. Les enfants préfèrent aller voir le classique parce qu'ils voient des choses qu'ils ne savent pas faire. Un petit peu comme au « cirque », une certaine virtuosité qui est magique. D'ici vient la virtuosité!
Journaliste: Andra Oprea



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